Sophie Nezri-Dufour, Giorgio Bassani, prisonnier du passé, gardien de la mémoire, Presses Universitaires de Provence (collection 1, n°5), 2015, 133 p.

Résumé : En cette année de commémoration bassanienne, le court essai de Sophie Nezri-Dufour tombe à pic. L'auteur, spécialiste de l'écrivain auquel elle a consacré plusieurs études, privilégie ici une approche monographique classique : éléments biographiques, contextualisation historique, présentation et analyse des œuvres. Sur ce plan, le contrat est rempli, la lecture agréable, les repères donnés précis. Pour autant, par endroits, quelques approximations sont à noter, ainsi qu'une certaine tendance à la simplification, probablement liées à l'urgence de publier le livre (notre auteur est au programme des concours). Passons sur le début de la quatrième de couverture qui fait naître Bassani à Ferrare, ce qui semblerait logique tant la ville constitue le décor presque unique de ses récits, mais ne correspond pas à la réalité de l’État Civil. Plus problématiques sont quelques formulations, à l'image du titre général de l'ouvrage qui, corroborant une certaine doxa critique, « enferme » l'auteur du Jardin des Finzi-Contini dans l'évocation du « passé » et fait de lui le conservateur intraitable de la « mémoire ». Certes, la dimension mémorielle, plus que testimoniale d'ailleurs, est bien au cœur du projet du Roman de Ferrare. D'ailleurs, les pages que Sophie Nezri-Dufour consacre à la question de l'ancrage d'un parcours individuel dans une dimension collective (ferraraise et communautaire, bien sûr, mais aussi générationnelle et intellectuelle) sont claires et convaincantes. Mais pourquoi, dès l'affichage du projet, réduire l’œuvre de l'écrivain à cette fonction nostalgique et, au fond, régressive ? Plus que « prisonnier du passé », Bassani en est le chroniqueur insatiable et c'est justement parce qu'il a franchi les murs de Ferrare qu'il a pu, avec la distance que confèrent l'éloignement géographique et la mise en fiction de la matière autobiographique, revenir sur les origines de ce dérèglement tragique de la tradition humaniste européenne. Une perte des valeurs communes dont l'égarement fasciste, que résume le mécanisme de l'exclusion raconté dans les récits, constitue l'illustration italienne.
Mots-clés : Ferrare mémoire Bassani
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Contributeur : Vincent d'Orlando <>
Soumis le : vendredi 20 septembre 2019 - 14:56:02
Dernière modification le : samedi 21 septembre 2019 - 01:27:30

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Vincent d'Orlando. Sophie Nezri-Dufour, Giorgio Bassani, prisonnier du passé, gardien de la mémoire, Presses Universitaires de Provence (collection 1, n°5), 2015, 133 p.. 2016. ⟨hal-02293060⟩

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