Le viol dans L’Astrée d’Honoré d’Urfé : représentation et enjeux

Résumé : Cerner la figure du violeur dans la pastorale en général permet de préciser par comparaison comment ce personnage est traité dans le roman d’Honoré d’Urfé. Dans la pastorale dramatique, le violeur est un personnage-type : le Satyre. Mi-homme mi-animal, lubrique par nature, il est craint des bergères, mais il est ridicule parce qu’il est un amoureux éconduit et qu’il échoue toujours dans ses tentatives violentes. Il est un personnage comique : le rire exorcise la peur. Il n’en va pas de même quand le violeur est un berger : rien ne laisse deviner ce qu’il est et on ne peut pas être certain que sa tentative va échouer. Dans L’Astrée, le berger, s’il peut user de toutes les ruses, ne recourt jamais aux violences sexuelles : l’avatar du Satyre est Hylas qui ne ravit ni ne force les bergères mais les séduit. Le viol est, d’une part, le fait du monstre étranger et, par contraste, valorise la régulation des relations humaines qu’est l’« honnête amitié », dont la pastorale urféenne, dans le courant de la Réforme catholique, donne une représentation à des fins d’éducation morale. D’autre part, il est le fait des tyrans, romains ou barbares : le viol dans les relations interpersonnelles est l’équivalent de la tyrannie en politique. Il est donc étranger au Forez, province qui a gardé ses anciennes « franchises ».
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Contributeur : Marie-Gabrielle Lallemand <>
Soumis le : mardi 2 juillet 2019 - 15:49:53
Dernière modification le : jeudi 11 juillet 2019 - 09:54:03

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Marie-Gabrielle Lallemand. Le viol dans L’Astrée d’Honoré d’Urfé : représentation et enjeux. Tangence, Département des lettres et humanités de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), 2017, pp.31-43. ⟨10.7202/1041071ar⟩. ⟨hal-02171072⟩

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