Que faire du modèle de l’innovation ouverte ?

Résumé : Popularisée en 2003 par Henry Chesbrough et son ouvrage Open Innovation : The New Imperative for Creating and Profiting from Technology (Harvard Business School Press), l’innovation ouverte (« Open Innovation ») suscite aujourd’hui un engouement considérable. Des prix sont décernés pour récompenser les pratiques d’innovation les plus « ouvertes ». Des enquêtes affirment qu’une entreprise sur deux ne cantonne plus l’innovation aux centres de R&D mais puise l’inspiration ou les technologies à l’extérieur  Selon une enquête menée auprès de 111 décideurs de 90 grandes… tandis que des articles dans les revues académiques se multiplient. Les questions posées par l’innovation ouverte restent cependant nombreuses. Tout d’abord, comme le rappellent fort justement Thierry Isckia et Denis Lescop dans leur analyse critique des fondements de l’innovation ouverte qui ouvre ce dossier, Chesbrough n’a de cesse d’insister sur la nouveauté de son modèle qui serait une réponse inédite à des changements sans équivalent au niveau des secteurs d’activités et des entreprises. Cependant, et même si l’innovation est plus que jamais une arme concurrentielle à privilégier, cette prétendue nouveauté ne résiste pas toujours à une analyse historique fine. On sait très bien depuis les succès d’Intel (microprocesseur), Sony (radio à transistor) ou Microsoft (système d’exploitation) que l’entreprise n’a pas nécessairement besoin d’être à l’origine d’une innovation pour en profiter et que l’acquisition d’une licence peut représenter une alternative très intéressante. On sait aussi depuis les échecs d’IBM dans la micro-informatique que la R&D interne n’est pas une garantie de détection rapide des ruptures. On a conscience depuis plus de vingt ans (von Hippel, 1986) que l’intégration en amont d’utilisateurs pionniers peut permettre d’anticiper les besoins futurs. Faut-il pour autant rejeter le modèle d’innovation ouverte et relativiser l’apport de son auteur ? Nous ne le pensons pas. Au prix de quelques ajustements et prolongements, nous considérons que l’Open Innovation Model peut fournir une représentation de la manière dont est (doit être ?) organisée le processus d’innovation de certaines firmes à la fois utile au praticien et stimulante pour le chercheur. Dans une première section, nous mettons en lumière les simplifications et limites dont souffre le modèle, au moins dans sa version actuelle. Le modèle, ainsi ajusté et potentiellement enrichi par des recherches futures, est ensuite évalué dans une seconde section.
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Contributeur : Thomas Loilier <>
Soumis le : mercredi 5 juin 2019 - 11:44:31
Dernière modification le : mercredi 10 juillet 2019 - 16:16:01

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Thomas Loilier, Albéric Tellier. Que faire du modèle de l’innovation ouverte ?. Revue Française de Gestion, Lavoisier, 2011, pp.69-85. ⟨hal-02148087⟩

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