Personne commune et coresponsabilité selon Scheler

Résumé : Dans son analyse de l’être-ensemble Scheler commence par récuser tout fondement biologique de la communauté : l’étude de la personne sociale n’a pas à remonter vers des unités géographiques ou vers un premier noyau biologique. La géographie ne peut pas fonder la sociologie qui demeure indépendante et qui seule peut accéder à la notion de communauté (Gemeinschaft). En outre, l’idée de communauté biologique est un non-sens : toute communauté est historique. Il ne s’agit pas non plus de fonder la possibilité de l’être-ensemble sur une réalité psychique, c’est-à-dire sur une nature commune, car là encore rien de ce qui est « nature » ne peut expliquer ce qui est spirituel. Cela permet à Scheler d’avancer sa thèse propre, à savoir que la communauté n’est pas un simple rassemblement de consciences singulières se découvrant un but commun, mais suppose une vraie conscience d’appartenance à une communauté : il s’agit de se savoir comme co-auteur (Mitäter), comme être-avec-les-autres-hommes (Mitmensch), et comme « co-responsable (Mitverantwortlicher) pour tout ce qui relève de la morale dans sa totalité » . Il y a donc une expérience propre à la personne commune qui doit être élucidée. Elle n’est ni une unification après coup, ni la dissolution dans une volonté commune.
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Contributeur : Emmanuel Housset <>
Soumis le : lundi 3 juin 2019 - 11:24:56
Dernière modification le : lundi 15 juillet 2019 - 14:58:10

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Emmanuel Housset. Personne commune et coresponsabilité selon Scheler. Gabriel Mahéo ; Emmanuel Housset (Eds). Max Scheler. Ethique et phénoménologie, ⟨Presses Universitaires de Rennes⟩, pp.35-60, 2015, 978-2-7335-4013-2. ⟨hal-02145686⟩

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