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Fortunes métaphoriques de l'ortie

Résumé : Fortunes métaphoriques de l'ortie Chers collègues, chers étudiants, C'est un grand honneur pour moi que d'être reçu, et avec tant d'égards, et avec tant de monde, dans une université aussi prestigieuse que Rutgers. Je serai malheureusement dès mercredi à la Queen's University de Kingston, pour une communication au colloque organisé par François Rouget sur François I er , et je ne suis ici aujourd'hui que parce que, au fil d'une série de courriels échangés avec M. le Professeur François Cornilliat, où nous évoquions à la fois ce colloque et nos publications respectives, j'ai saisi au vol sa très aimable invitation à faire un petit détour par New Brunswick, et à commencer par venir dire quelques mots dans ces murs. Je remercie très vivement François de cette initiative aussi intimidante que flatteuse, et vous-mêmes de me faire l'immense plaisir d'être venus m'écouter. Le problème qui s'est posé à moi dès que j'ai accepté mérite d'être brièvement évoqué : François m'avait laissé le choix entre parler de Scève ou bien de mes recherches sur la métaphore, et sur ce point du moins, mon embarras a été vite résolu : plutôt que de n'intéresser que les seiziémistes, en recueillant les suffrages polis des spécialistes d'autres époques s'ennuyant à mourir, j'ai mieux aimé vous donner un aperçu de ce que je m'applique à construire depuis six ans, tant à travers des séminaires et colloques que de leur publication : c'est ce que j'appelle le Parcours du comparant, par un jeu de mots un peu potache avec « parcours du combattant », évidemment, mais qui se justifie par la relative difficulté de la tâche (et la formule s'applique alors à la recherche, donc au niveau extérieur) et par le fait que chaque métaphore peut aussi être considérée comme une expression impropre devant gagner sa place pour donner du sens avec un mélange de surprise et de naturel (et la formule s'applique alors au corpus, donc au niveau intérieur : une métaphore est toujours comme un petit soldat qui doit conquérir ou maintenir sa position). Il s'agit tout simplement de suivre, sur la plus longue durée possible, le devenir en discours d'un comparant, d'une métaphore donc, en s'efforçant d'en expliquer la fortune plus ou moins continue et la variation de ses assignations. C'est là qu'a surgi la réelle difficulté : je n'allais pas reprendre mon travail sur le motif du « chant du cygne », ni l'une des nombreuses autres métaphores persistantes étudiées par mes collègues du colloque de 2012 et proposées au public dans les Actes parus chez Garnier au mois de janvier : la vigne amoureuse, la biche et le cerf, les paroles ailées, la pierre, le diamant, la bulle d'air, les nuées, la flèche, la caverne de brigands, l'emprunt bancaire… Bref, tout un catalogue hétéroclite déjà bien documenté et qui a livré quelques leçons inattendues. Je n'allais pas non plus me contenter de présenter la suite, et en quelque sorte la « saison 2 » du Parcours du Comparant, qui se tiendra en juin 2016 sous le nom doublement motivé de Retour du Comparant, toujours à l'université de Rouen, une suite à laquelle François me fait le grand honneur de bien vouloir participer. Alors j'ai décidé de me tenir à mi-chemin de la défense et de l'illustration-ce qui n'étonnera pas de la part d'un seiziémiste-en m'essayant devant vous à ce même exercice d'étude d'un motif analogique dans la longue diachronie, mais un motif encore nouveau ou « intouché », et, surtout, qui soit parfaitement représentatif de ce champ de recherche en l'avenir duquel nous sommes de plus en plus nombreux à croire. Cela me permettra de montrer tout d'abord comment on travaille concrètement pour la constitution du corpus, ensuite le genre d'interrogations que l'on se pose et de contraintes que l'on doit se fixer (expliquer d'étranges absences ; nécessité absolue de contextualiser les occurrences ; respect de la spécificité littéraire du texte-support), et enfin l'intérêt d'une tentative de synthèse pour l'histoire littéraire. Et comme la somme de ces défis ne manquait pas de piquant, j'ai choisi de travailler sur la métaphore de l'ortie, depuis les plus anciens textes occidentaux jusqu'à notre époque ; l'ortie appartient à la Nature, et à la Nature la plus banale, ce qui laisse augurer une fréquence
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Contributor : Xavier Bonnier <>
Submitted on : Saturday, April 20, 2019 - 7:23:42 PM
Last modification on : Saturday, May 4, 2019 - 1:27:09 AM

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  • HAL Id : hal-02105320, version 1

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Xavier Bonnier. Fortunes métaphoriques de l'ortie. 2019. ⟨hal-02105320⟩

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