Les dialogues de Walter Pater avec Platon : le philosophe et l’amoureux - Archive ouverte HAL Access content directly
Journal Articles Cahiers Victoriens et Edouardiens Year : 2006

Les dialogues de Walter Pater avec Platon : le philosophe et l’amoureux

LES DIALOGUES DE WALTER PATER AVEC PLATON : LE PHILOSOPHE ET L'AMOUREUX

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Abstract

This paper attempts to re-read Walter Pater’s first articles in the light of their Platonic intertextuality. Thanks to untranslated Greek excerpts, Pater aimed at legitimizing the Platonic discourse on love and on male beauty which was then being obliterated by Plato’s translator, Benjamin Jowett. However, Pater’s divergence from Plato is often underestimated. He shunned the Platonic distrust of the body, the senses and the « colours » of the world, and he never accepted the Platonic primacy of the realm of Ideas. And in his essays on Plato, collected in Plato and Platonism (1895), he took up the aesthetics and the principles formulated in The Renaissance (1873). In his very personal reconstruction of Plato, Pater thus reasserted the role given to the sensible and the visible.
Le programme esthétique et la conception du critique d'art que Pater prôna dans son premier ouvrage publié, The Renaissance (1873), cristallisèrent à la fois l'admiration et l'opprobre : pour beaucoup en effet, ce livre reflétait tout un mouvement artistique et intellectuel qui érigeait l'art et la beauté en une nouvelle religion. Pater fut qualifié de « néo-païen », notamment à cause des préceptes de la Conclusion, et le terme « Greek » devint parfois synonyme d'immoralité 1. Pater se proposait en effet de valoriser une esthétique qui fut en partie inspirée par une lecture très personnelle du texte de Platon, et dont l'enjeu reposait sur la question du corps et des sens. Pater s'inscrivait dans un contexte victorien plus général, la construction de l'Hellénisme et le renouveau des études grecques, qui constituaient pour certains un moyen de véhiculer des idées progressistes 2. Ce mouvement coïncida avec la vague de réformes qui touchèrent l'Université d'Oxford pendant les années 1860, et dont l'une des figures centrales fut Benjamin Jowett, qui enseignait alors à Balliol College. C'est lui qui amorça la transformation des études grecques, qui constituaient à ses yeux un corpus dont seraient tirées des valeurs morales et philosophiques autres que celles de la théologie chrétienne. Très influencé par la philologie et la philosophie allemandes, Jowett transforma le programme du cursus appelé Greats : il insista non plus sur le latin mais sur le grec ; il s'inspira de la lecture historiciste et critique des textes bibliques et anciens ; il abandonna les méthodes d'étude axées auparavant sur la grammaire ; et surtout, les Greats furent davantage consacrés à la philosophie antique et en premier lieu à Platon et Aristote. C'est dans ce cadre que, dès 1847, Jowett inaugurait à Oxford ses conférences sur La République, que suivirent, dans les années 1860, Pater, Swinburne ou J. A.
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hal-02093274 , version 1 (08-04-2019)

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  • HAL Id : hal-02093274 , version 1

Cite

Anne-Florence Gillard-Estrada. LES DIALOGUES DE WALTER PATER AVEC PLATON : LE PHILOSOPHE ET L'AMOUREUX. Cahiers Victoriens et Edouardiens, 2006, 63, pp.387-402. ⟨hal-02093274⟩
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