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Conference papers

Deux cas qui soulèvent des tensions mémorielles : les juifs délinquants et les persécuteurs de juifs déportés pendant la Seconde guerre mondiale

Résumé : Cette étude s'inscrit dans la préparation d'une thèse sur les détenus de droit commun arrêtés en France pendant la Seconde guerre mondiale puis déportés par les autorités allemandes (et plus précisément sur leur exclusion mémorielle). Cette histoire croise parfois celle des persécutions et du génocide des juifs, comme dans le cas des persécuteurs de juifs et des juifs délinquants déportés. Ces deux cas posent des litiges après-guerre quant aux reconnaissances accordées. Je les présente ici brièvement, il s'agit de conclusions provisoires car je suis en train d'étudier ces deux cas. Les persécuteurs de juifs Pendant l'Occupation, des personnes profitent de la vulnérabilité des juifs pour les escroquer, les rançonner. Ce sont notamment des faux policiers qui se présentent au domicile de juifs et qui, en échange d'une pseudo-protection, sous la menace d'une arme ou par la violence, saisissent des objets de valeur, extorquent de l'argent. Il s'agit parfois de vrais policiers qui mènent des opérations illégales. Plusieurs sont arrêtés, condamnés (pour usurpation de fonction, escroquerie, vol en bande…). Pour les autorités occupantes, il s'agit d'arrêter des personnes qui nuisent à leur image et, notamment quand il s'agit de personnes travaillant dans leurs services, qui volent des juifs pour leur profit personnel. Certains sont envoyés par les Allemands purger leur peine dans une prison du Reich. D'autres, détenus en France, se retrouvent déportés dans les camps de concentration, notamment pour fournir de la main d'oeuvre au Reich (plusieurs se trouvent dans les convois pour Buchenwald de juin et septembre 1943) ou après le Débarquement en Normandie, quand les Allemands vident plusieurs lieux de détention pendant qu'ils évacuent le territoire. Comme l'ensemble des déportés arrêtés pour une infraction de droit commun, ils sont, en principe, exclus des droits accordés aux déportés (ou à leur famille) après-guerre. Ils sont notamment exclus du bénéfice du statut de déporté (politique ou résistant), statut qui permet notamment de bénéficier d'une pension. En étudiant les dossiers de demande de statut conservés par le service historique de la Défense (au sein de la Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen), il s'avère que plusieurs faux policiers ou leur proche demandent le statut de déporté politique. Un petit nombre réussit même à l'obtenir. Soit parce que les proches et
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https://hal-normandie-univ.archives-ouvertes.fr/hal-02079581
Contributor : Lucie Hébert <>
Submitted on : Tuesday, March 26, 2019 - 10:47:48 AM
Last modification on : Saturday, May 25, 2019 - 5:20:28 PM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02079581, version 1

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Citation

Lucie Hébert. Deux cas qui soulèvent des tensions mémorielles : les juifs délinquants et les persécuteurs de juifs déportés pendant la Seconde guerre mondiale. Séminaire des boursiers de la Fondation, Fondation pour la mémoire de la Shoah, Jan 2018, Paris, France. ⟨hal-02079581⟩

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