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Conference papers

Un règne sans fastes : Catherine Cornaro dans les sources produites à Chypre

Résumé : Un règne sans fastes : Catherine Cornaro à travers les sources produites à Chypre Dans l'histoire de la domination franque sur Chypre, rares sont les figures de femmes actrices de la vie politique, et cette singularité explique l'intérêt porté à l'ultime souveraine du royaume franc. Catherine Cornaro occupe en effet une place originale dans l'histoire de l'île, puisque son règne met un terme à l'indépendance du dernier État de l'Orient latin ; elle symbolise la fin d'une époque, quand l'établissement fondé au cours de la Troisième croisade est contraint de s'adapter aux contingences diplomatiques et économiques de la période moderne. Catherine Cornaro personnalise une transition douloureuse, et le fait qu'une femme assume cette responsabilité a, comme on peut s'y attendre, suscité une relative désapprobation de la part de ses contemporains dans le royaume de Chypre. La critique posée sur Catherine Cornaro ne saurait, cependant, dépendre de la seule complexité du contexte historique particulier à la seconde moitié du XV e siècle. Les témoignages possédés sur la reine sont rédigés par des chroniqueurs, ou des historiens, qui considèrent l'exercice du pouvoir comme une affaire d'hommes, et qui, en conséquence, dénient aux femmes la capacité à gouverner. 1 Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un regard sur la place que celles-ci ont tenu dans la vie politique du royaume franc, car la perception du gouvernement de Catherine Cornaro s'inscrit dans une tradition intellectuelle qui pèse de tout son poids sous les plumes de Georgios Boustronios et de Florio Bustron, les deux auteurs qui ont relaté son règne de 1473 à 1489. Dans le royaume des Lusignan, le droit n'écarte pas les femmes du pouvoir, et on ne trouve aucun équivalent local à la loi salique forgée dans la France du début du XIV e siècle. 2 À Chypre, la succession au trône est dévolue au plus proche héritier du dernier détenteur de la couronne ; les garçons sont préférés aux filles mais aucune règle n'exclut ces dernières de la couronne, si bien qu'elles peuvent faire valoir leurs droits devant la Haute-Cour, qui rassemble les vassaux du 1 Il suffit de rappeler les préceptes énoncés par un des porte-parole de la chevalerie du royaume de Chypre, vers 1270 : Philippe de Novare, Les quatre âges de l'homme, Marcel de Fréville éd. (Paris 1888), 16-17, 46, 49, où figure cette formule explicite : « [...] ele n'ont mie si estable sens ne si bon porposement comme ont li home ». 2 Fanny Cosandey, La Reine de France : symbole et pouvoir, XV e-XVIII e siècle (Paris 2000), 19-54.
Document type :
Conference papers
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https://hal-normandie-univ.archives-ouvertes.fr/hal-01937315
Contributor : Gilles Grivaud <>
Submitted on : Saturday, December 8, 2018 - 3:45:14 PM
Last modification on : Tuesday, November 19, 2019 - 10:12:02 AM
Long-term archiving on: : Saturday, March 9, 2019 - 12:38:18 PM

File

Catherine Cornaro.pdf
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Identifiers

  • HAL Id : hal-01937315, version 1

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Citation

Gilles Grivaud. Un règne sans fastes : Catherine Cornaro dans les sources produites à Chypre. Caterina Cornaro. Last Queen of Cyprus and Daughter of Venice/Ultima regina di Cipro e figlia di Venezia, Sep 2010, Venise, Italie. ⟨hal-01937315⟩

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